AccueilAccompagnementConseilAnalyseEtudes de marchéAutres témoignages
           

Conseils pratiques pour entreprises high-tech / Real-world advice for high-tech companies
enews du 30JUN04

Indice semestriel FTA50 : décalage entre marchés financiers atones et indicateurs économiques encourageants
Croissance du chiffre d'affaires et de la productivité dans toutes les catégories d'entreprise

Par Cédric Thomas
FronTier Associates
Copyright © 2004

Télécharger les résultats détaillés (document .pdf) en cliquant ici.

Publié semestriellement depuis septembre 2002, le FTA50 fourni un ensemble d'indicateurs permettant de mesurer l'évolution à moyen terme de l'industrie des NTIC à travers un échantillon de cinquante entreprises retenues pour leur représentativité. L'indice FTA50 proprement dit reflète l'évolution des capitalisations boursières de l'industrie mondiale des NTIC tandis que les autres indicateurs mesurent l'évolution des principales performances économiques des entreprises.

Ce document présente les résultats de la quatrième itération du FTA50. Les principaux indicateurs suivis évoluent favorablement comme le montre le tableau de bord ci-dessous :

 
FTA50
Multiple (Valo/CA)
Chiffre d'affaires
Rentabilité
Effectifs
CA par employé
Constructeurs HW
Constructeurs Réseaux
ISV - 150M$ CA
ISV +150M$ CA
SSII étrangères
SSII françaises
Telcos
Ensemble**

Résultats d'ensemble
Fixé à 1000 points en septembre 2002 l'indice de capitalisation boursière du FTA50 vaut 1320 points en mars 2004. Cette évolution traduit la reconstitution de l'industrie après le choc de l'éclatement de la bulle Internet il y a deux ans.

Cependant, en dépit d'une amélioration d'ensemble des indicateurs économiques, l'indice boursier FTA50 n'augmente pas.

Sur les six derniers mois, entre septembre 2003 et mars 2004, la valeur du FTA50 est même restée remarquablement stable (1320 points contre 1317 six mois auparavant).

Les marchés financiers ont leur propre interprétation du redressement du secteur...

Toutefois, si l'on rapproche cette stabilité de celle de la période équivalente entre septembre 2002 et mars 2003, on peut se demander si ce n'est pas la marque d'une saisonnalité ; comme s'il y avait une saison d'hibernation des cours et une saison de réajustement à l'occasion de la publication des comptes annuels des entreprises américaines dont la plupart terminent leur exercice en juin

La stabilité de l'indice ne doit cependant pas occulter d'autres évolutions plus marquées dans les résultats des entreprises des NTIC :

Cependant, ces évolutions, aussi favorables soient elles sur le plan comptable, ne se traduisent pas par des évolutions comparables au sein des marchés financiers. Sur l'ensemble de l'industrie, on voit que la valorisation des entreprises ne progresse pas et, de plus, le multiple de la capitalisation boursière rapportée au chiffre d'affaire se tasse passant de 1,93 en septembre 2003 à 1,81 en mars 2004.

Les principaux résultats par catégorie d'entreprise
L'indice FTA50. La stabilité de l'indice d'ensemble sur les six derniers mois est sans doute trompeuse car elle masque des évolutions très différentes selon les catégories d'entreprise. Les petits éditeurs de logiciels, en particulier, qui ont littéralement doublé leur valorisation ont connu un net regain de faveur auprès des marchés financiers. Dans les autres catégories d'entreprise, l'indice augmente significativement pour les opérateurs et légèrement pour les SSII internationales, il se maintient pour les constructeurs réseaux et il baisse pour les constructeurs informatique, les grands éditeurs et les SSII françaises.

Le chiffre d'affaires. Toutes les catégories d'entreprise sans exception ont connu une augmentation de leurs chiffres d'affaires. Seuls les constructeurs réseaux restent à un niveau de ventes inférieur à celui du démarrage de l'indice en septembre 2002. es plus fortes progressions reviennent aux éditeurs de logiciels et aux opérateurs.

Les effectifs. La baisse des effectifs constatée sur l'ensemble de l'échantillon n'est due qu'aux réductions de personnels qui se sont poursuivies chez les constructeurs d'équipement de réseaux et chez les opérateurs. C'est ce secteur qui tire l'indicateur vers le bas alors que toutes les autres catégories d'entreprise ont continué d'accroître leurs effectifs y compris les grands éditeurs et les SSII françaises qui recommencent à embaucher. De fait, ce sont les éditeurs de logiciels (petits et grands) qui augmentent le plus vivement leurs effectifs.

Le tableau ci-dessous présente l'évolution des principaux indices par catégorie d'entreprise :

 
Capitalisation boursière*
Chiffre d'affaires*
Effectifs*
 
SEP03
MAR04
SEP03
MAR04
SEP03
MAR04
Constructeurs HW
129
126
119
124
103
105
Constructeurs Réseaux
143
144
90
94
90
81
ISV - 150M$ CA
150
297
98
112
106
109
ISV +150M$ CA
126
120
109
122
98
105
SSII étrangères
123
125
98
106
104
108
SSII françaises
167
149
105
108
96
97
Telcos
136
154
102
113
93
89
Ensemble**
1317
1320
1072
1146
979
971

*indice 100 en septembre 2002, **indice 1000 en septembre 2002

Les principaux ratios par catégorie d'entreprise
Le multiple de capitalisation. Le ratio de la capitalisation boursière rapportée au chiffre d'affaires n'évolue positivement que pour deux catégories d'entreprise, fortement pour les petits éditeurs et légèrement pour les opérateurs. Ce résultat apparaît corrélé avec les évolutions relatives du chiffre d'affaires et de la rentabilité ; ce sont en effet les catégories d'entreprise pour lesquelles les croissances de ces indicateurs sont les plus fortes. Comme lors des exercices précédents, ce sont les éditeurs de logiciels qui présentent les multiples de capitalisation boursière les plus élevés.

La rentabilité. L'amélioration de la rentabilité du secteur repose sur les bonnes performances des opérateurs, des petits ISV et des constructeurs réseaux. Par contre, les grands éditeurs et les grandes SSII étrangères connaissent une régression de leur rentabilité ; certainement pas pour les mêmes raisons, cependant, étant donné les différences de niveau de rentabilité entre ces deux catégories. A noter que les SSII françaises, malgré une tendance à l'amélioration, constituent la seule catégorie dont les résultats restent dans le rouge.

La productivité du travail. Le chiffre d'affaires par tête progresse pour chacune des catégories sans exception. La progression est la plus forte chez les constructeurs réseaux (on notera qu'ils rattrapent le niveau de productivité des constructeurs informatique) et les opérateurs : ce sont les seules catégories ayant continué à réduire leurs effectifs. Puis viennent les petits éditeurs, cependant, malgré une nette progression, leur chiffre d'affaires par tête reste très largement inférieur à celui des grands éditeurs.

Le tableau ci-dessous présente les principaux ratios par catégorie d'entreprise :

Valeur des indices
en septembre 03
et mars 04*
Capitalisation boursière
en multiple du CA*
Rentabilité
Résultat net / CA
CA moyen par tête
(en K$)*
 
SEP03
MAR04
SEP03
MAR04
SEP03
MAR04
Constructeurs HW
1,18
1,10
1,9%
3,7%
363
373
Constructeurs Réseaux
2,99
2,86
-3,5%
7,4%
318
371
ISV - 150M$ CA
4,99
8,64
-20,8%
3,0%
185
205
ISV +150M$ CA
7,93
6,75
23,6%
19,0%
364
380
SSII étrangères
1,00
0,95
3,3%
2,5%
150
155
SSII françaises
0,70
0,61
-3,4%
-1,7%
120
122
Telcos
1,19
1,22
1,3%
5,3%
287
331
Ensemble**
1,93
1,81
2,8%
5,7%
298
322

*dernières données disponibles sur les douze derniers mois en septembre 2003 et mars 2004, **mars 2004 par rapport à sept. 2003

Commentaire
Il y a six mois on pouvait écrire que " l'industrie des NTIC dans son ensemble est incontestablement dans une période de redressement " ; aujourd'hui, il est clair que, malgré la frilosité apparente des marchés financiers, ce redressement se confirme.

Les résultats détaillés montrent une accélération de la croissance des ventes : sur les douze mois de septembre 2002 à septembre 2003 la progression du chiffre d'affaires du FTA50 était de +7,2% et elle est passée à +11,6% sur la période de douze mois allant de mars 2003 à mars 2004. La question a déjà été posée de savoir si l'industrie des NTIC entrait dans une phase de contraction. Sans vouloir pécher par excès d'optimisme, il s'agit d'une évolution encourageante surtout si on la met en parallèle avec l'amélioration générale de la rentabilité du secteur.

  • Les constructeurs informatique se maintiennent à des niveaux certes faibles mais positifs de rentabilité et de progression de chiffres d'affaires. Ils ont même recommencé à embaucher.
  • En douze mois les constructeurs de réseaux et les opérateurs de télécommunication ont remis leurs affaires en ordre et retrouvé la voie de la croissance.
  • Les petits éditeurs de logiciel ont recouvré une forte dynamique, tant en terme de chiffre d'affaires que de rentabilité mais leur niveau de rentabilité et leur chiffre d'affaires par employé sont toujours faibles. C'est une catégorie qui reste fragile.
  • Malgré un glissement de leur valorisation et de leur rentabilité, la situation des grands éditeurs reste assez solide étant donné leur taux de rentabilité et la croissance de leurs ventes.
  • Les SSII (plus les françaises que les étrangères) sont dans une situation plus préoccupante : en dépit d'une légère croissance de leurs ventes elles vont être de plus en plus concurrencées par les constructeurs et par l'offshore dans les pays à coûts faibles.

Conclusion
Si la crise des NTIC provoquée par l'éclatement de la bulle Internet est bien derrière nous, on ne voit pas encore tout à fait clairement de quoi seront fait les deux ou trois prochaines années. Le principal signal positif est l'amélioration de la situation des fabricants d'équipement de réseaux et des opérateurs de télécommunication. C'est une évolution durable car ces entreprises étant portées par les revenus récurrents des services l'assainissement de ce pan entier de l'industrie est une bonne nouvelle pour le long terme.

Mais l'industrie des NTIC va être confrontée à de nouvelles contraintes car la maturation généralisée des technologies de l'information est en train de provoquer inéluctablement une baisse de valeur sur nombre de segments tant du coté du matériel que du logiciel ou des services.

La standardisation systématique des matériels, les nouvelles formules de facturation à l'usage des logiciels et la montée des services offshore sont autant de tendances qui vont, d'une part, freiner la croissance du chiffre d'affaires dans l'industrie des NTIC et, d'autre part, provoquer des déplacements de production vers les acteurs les mieux adaptés et des déplacements de valeur vers les acteurs les plus innovants. ¤¤¤

La prochaine mise à jour de l'indice FTA 50 est prévue pour septembre 2004.
Une sélection des principaux résultats et graphiques au format .pdf est téléchargeable en
cliquant ici.

Méthodologie

Pourquoi cet indice
Les Les indices du type CAC 40 ou Dow Jones ne nous renseignent pas sur l'état de santé de l'industrie des NTIC. Ils ne nous sont d'aucun secours car ils portent sur l'ensemble de l'économie. Suivre des indices dits " de technologie " comme le Nasdaq ou le Nouveau Marché ne nous avance pas plus car ces places sont tout aussi hétéroclites et elles ne représentent qu'un sous-ensemble des NTIC.

C'est pour avoir une vision de l'industrie des NTIC que nous avons mis au point l'indice FTA50, une sorte de CAC 40 du secteur high-tech mondial. Tous les indices sont biaisés par construction, le FTA50 ne déroge pas à la règle, il reflète notre point de vue de l'industrie des NTIC.

La signification de l'indice
A l'instar d'autres indices boursiers comme le CAC 40, l'indice FTA 50 représente d'abord la progression de la capitalisation boursière d'ensemble d'un échantillon d'entreprises à partir d'une date fixe (décembre 1987 pour le CAC 40, septembre 2002 pour le FTA 50).

Le FTA50 est un ensemble comprenant l'indice boursier, le FTA50 proprement dit, ainsi que six autres indicateurs de nature économique : :
· l'évolution du chiffre d'affaires (CA glissant sur les douze derniers mois disponibles),
· l'évolution des effectifs,
· l'évolution du résultat net,
· l'évolution du rapport de la capitalisation boursière au chiffre d'affaires,
· l'évolution du rapport du chiffre d'affaires aux effectifs,
· l'évolution de la rentabilité (rapport du chiffre d'affaires sur le résultat net).

Ainsi, derrière l'indice de type financier ou boursier, l'intérêt du FTA50 réside surtout dans la mise en évidence de la réalité économique du secteur. Le FTA50 et les indicateurs associés n'ont pas une vocation conjoncturelle ; plus exactement, ils fournissent une photographie instantanée des éléments structurels du secteur mondial des NTIC à un moment donné.

Les résultats détaillés sont disponibles dans un document téléchargeable au format pdf.

Constitution et mise à jour de l'échantillon
Les entreprise retenues, quand elles ne sont pas directement des clients de FronTier Associates, sont de celles qui influencent la vie de nos clients, qui déterminent ou valident des tendances de notre environnement professionnel.

Nous avons constitué un échantillon de référence d'une cinquantaine d'entreprises qui nous paraissent représentatives du secteur. Plus précisément, il y a 53 entreprises dans cet échantillon : 8 constructeurs informatique, 6 constructeurs d'équipement de réseaux, 7 " petits " éditeurs de logiciels (chiffre d'affaires inférieur à 150 millions de dollars), 16 " grands " éditeurs de logiciels (chiffre d'affaires supérieur à 150 millions de dollars), 5 SSII internationales, 5 SSII françaises et 6 opérateurs de télécommunication.

Si une entreprise disparaît (fusion, acquisition ou cessation d'activité) elle est remplacée par une autre équivalente et l'historique est reconstitué afin de préserver la continuité de l'indice.

Temporalité de l'indice
Le FTA50 est un indice semestriel glissant. Les indicateurs économiques comme, par exemple, le chiffre d'affaires ou la rentabilité sont mesurés sur la période des douze derniers mois. C'est cette période que l'on fait " glisser " d'une itération à l'autre. Ainsi, à chaque itération de l'indice, ce sont des années complètes d'exercice qui sont mesurées et les comparaisons sont donc significatives puisqu'elles portent sur des périodes équivalentes. Toutefois, le caractère " glissant " ne s'applique pas au FTA50 proprement dit qui est un indicateur de valorisation boursière à un instant donné.

Remerciements
Cet exercice n'aurait pas été possible sans l'aimable assistance de deux personnes, que nous remercions ici :
· Gerardo del Real qui a patiemment pris en charge toute la recherche,
· Huu Minh Mai, qui veille sur la méthodologie du CAC 40 chez Euronext, pour ses précieux conseils.

 

San Francisco
06/01/09
02:00:00