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Conseils pratiques pour entreprises high-tech / Real-world advice for high-tech companies
enews du 30SEP03

L'indice FTA 50 du secteur des NTIC est en progression de 36 % sur les six derniers mois.
Enfin la reprise ?

Par Cédric Thomas
FronTier Associates
Copyright © 2003

Malgré la chute de l'indice FTA 50 en mars 2003, une analyse détaillée des résultats des entreprises concernées à cette date m'avait amené à annoncer une tendance à la reprise. Aujourd'hui, pour sa troisième itération depuis sa création en septembre 2002, la progression notable du FTA 50 vient confirmer la prévision de mars dernier.

Si la crise des NTIC paraît bien enrayée, la question est désormais de savoir si cette industrie va retrouver de son dynamisme ou bien si le secteur tout entier ne va pas rentrer dans le rang (voir notamment à ce propos l'article "IT Doesn't Matter" de Nicholas Carr dans la Harvard Business Review de mai 2003 et le numéro spécial du 25 août de Business Week sur le secteur high-tech). Personnellement, d'après les derniers résultats de l'indice FTA 50, je suis enclin à me ranger du coté des optimistes.

Résultats d'ensemble
Le FTA 50 est l'indice des capitalisations boursières de l'industrie mondiale des NTIC. La valeur du FTA 50 qui était tombée à 966 points en mars 2003 est remontée à 1317 en septembre 2003. Avec un bond de 351 points, il progresse de 36,3 % sur les six derniers mois.

Le FTA 50 est complété par une série d'indicateurs glissants sur les quatre derniers trimestres des entreprises qui composent l'échantillon. C'est ainsi que l'on peut comprendre que cette embellie est provoquée par la nette amélioration des résultats des entreprises. Alors qu'en septembre 2002, les entreprises de l'échantillon avaient perdu 33 milliards de dollars sur les douze précédents mois et que cette perte s'était même aggravée en mars 2003 à -37 milliards, elle fait place, en septembre 2003, à un profit de 20 milliards de dollars.

Entre mars et septembre 2003, le chiffre d'affaires cumulé des entreprises du FTA 50 (toujours sur les quatre derniers trimestres disponibles) est passé de 698 milliards de dollars à 728 milliards.

Dans le même temps, le niveau d'emploi dans les entreprises a glissé de 2,49 millions de personnes à 2,45 millions, ce qui se traduit automatiquement par une augmentation de la productivité (rapport du chiffre d'affaires sur l'effectif) de 6,36 %. Enfin, de son coté, le multiple de la capitalisation boursière sur le chiffre d'affaires est passé de 1,5 (mars 2003) à 1,9.

Les principaux résultats par catégorie
Sur les six derniers mois, l'indice a évolué positivement pour toutes les catégories d'entreprises. Ce sont les constructeurs informatique qui affichent la meilleure croissance du chiffre d'affaires. La forte croissance de l'indice des SSII françaises ne doit pas faire oublier que c'est la catégorie pour laquelle la capitalisation boursière exprimée en multiple du chiffre d'affaires est la plus faible. Les constructeurs informatique, les petits éditeurs et les grandes SSII étrangères ont continué d'embaucher alors que les effectifs ont diminué chez les constructeurs réseaux, les grands éditeurs, les SSII françaises et les opérateurs de télécommunications. Bien que les profits aient progressé pour quasiment toutes les catégories, l'ampleur du redressement de la rentabilité du secteur est principalement attribuable au retour à la rentabilité des opérateurs de télécommunications et de leurs fournisseurs.

Le tableau ci-dessous présente l'évolution des principaux indices par catégorie :

 
Capitalisation boursière
(indice sept 03*)
Chiffre d'affaires
(indice sept 03*)

Effectifs
(indice sept 03*)

Constructeurs HW
129
119
103
Constructeurs Réseaux
143
90
90
ISV - 150M$ CA
148
98
102
ISV +150M$ CA
126
109
98
SSII étrangères
123
98
104
SSII françaises
168
106
95
Telcos
136
102
93
Ensemble**
1317
1072
979

*indice 100 en septembre 2002, **indice 1000 en septembre 2002

Les principaux ratios par catégorie
Ce sont les éditeurs de logiciels qui présentent les multiples de capitalisation boursière les plus élevés. On notera le fort écart entre les SSII étrangères et les SSII françaises. Sur les six derniers mois, le chiffre d'affaires par tête est en croissance pour les constructeurs informatique, les grands éditeurs et les opérateurs.

Le tableau ci-dessous présente les principaux ratios par catégorie :

 
Capitalisation boursière
en multiple du CA*
Evolution du CA
par tête
(en %)**

CA moyen par tête
(en K$)*

Constructeurs HW
1,2
+11,5%
363
Constructeurs Réseaux
3,0
-4,0 %
318
ISV - 150M$ CA
4,4
-3,1 %
182
ISV +150M$ CA
8,0
+3,1 %
364
SSII étrangères
1,0
-2,3 %
150
SSII françaises
0,7
-2,5 %
115
Telcos
1,2
+9,3 %
287
Ensemble**
1,9
+6,3 %
298

*douze derniers mois disponibles en septembre 2003, **sept. 2003 par rapport à mars 2003

Commentaire
Ces résultats montrent que l'industrie des NTIC dans son ensemble est incontestablement dans une période de redressement : le chiffre d'affaires progresse, la rentabilité est redevenue positive, la productivité du travail continue de croître et la bourse réagit favorablement en augmentant la capitalisation boursière du secteur d'un tiers en six mois.

Après les deux secousses successives de l'éclatement de la bulle des dotcoms et de la crise politique internationale, l'industrie se retrouve dans les conditions les plus favorables qu'elle n'a connu depuis trois ans.

Le redressement des fabricants d'équipement de réseaux et des opérateurs de télécommunications est sans doute l'élément qui me paraît le plus significatif. Il s'agit d'une évolution structurelle durable car ces entreprises sont portées par les revenus récurrents de leurs services. L'assainissement de ce pan entier du secteur est une bonne nouvelle pour la sérénité du secteur à long terme. En retrouvant un moteur interne de croissance, l'industrie des NTIC se dégage donc un peu des aléas de la demande directe des entreprises.

Cependant, dans le cadre de cette perspective optimiste, les prochaines années présenteront un profil de croissance différent de ce que nous avons connu depuis dix ans dans cette industrie. Au cours des douze prochains mois, j'estime que l'évolution de la structure de l'industrie va être fortement impactée par les quatre grands enjeux suivants :

  • La baisse des coûts : ayant perdu de leur pouvoir d'illusion, les NTIC sont perçues comme un mal nécessaire pour lequel les entreprises ne consentiront plus à dépenser que le minimum requis.
  • La sécurité : les NTIC doivent être fiables tant du point de vue de la lutte contre les intrusions que du point de vue de leur fiabilité de fonctionnement, c'est une influence des télécommunications.
  • La flexibilité : corollaire de la baisse des coûts, les ressources en informatique et communications doivent pouvoir être gérées finement et s'adapter à la variation des besoins des utilisateurs.
  • L'ubiquité : toutes les ressources étant devenues " hyper-connectées ", elles doivent désormais être accessibles quand on en a besoin et par des moyens hétérogènesl'évolution du rapport de la capitalisation boursière au chiffre d'affaires.

C'est en fonction de ces tendances que se consolideront les nouveaux champs de valorisation de l'industrie et que se forgeront les futurs succès. Ce sont les technologies, les produits et les solutions répondant à ces attentes qui présentent aujourd'hui les plus grandes chances de réussite.

La transition engagée par l'industrie des NTIC depuis l'explosion de l'Internet est en train de trouver ses marques. Il devrait en résulter une croissance qui, pour être moins débridée, n'en sera sans doute que plus régulière. Les résultats du FTA 50 de septembre 2003 confirment ce que nous écrivions il y a six mois : " le secteur des NTIC est bien plus dans une situation de renouvellement que de déclin ". Mais rien n'est jamais joué pour autant et je maintiens que, pour beaucoup d'entreprises du secteur, la période de fragilité devrait se poursuivre jusqu'au second semestre 2004. ¤¤¤

(1) Pour lire l'article complet, cliquer ici.

La prochaine mise à jour de l'indice FTA 50 est prévue pour mars 2004.
Une sélection des principaux résultats et graphiques au format .pdf est téléchargeable en
cliquant ici.

Méthodologie

Pourquoi cet indice
Les indices boursiers génériques du type CAC 40 ou Dow Jones ne nous renseignent pas sur l'état de santé de l'industrie des NTIC. Ils ne nous sont d'aucun secours car ils portent sur l'ensemble de l'économie. Suivre des indices dits " de technologie " comme le Nasdaq ou le Nouveau Marché ne nous avance pas plus car ces places sont tout aussi hétéroclites et elles ne représentent qu'un sous-ensemble des NTIC.

C'est pour avoir une vision spécifique de l'industrie des NTIC que nous avons mis au point l'indice FTA 50, une sorte de CAC 40 du secteur high-tech mondial. Le FTA 50 reflète notre point de vue de l'industrie IT telle qu'elle nous apparaît, c'est donc un indice un peu biaisé, mais tous les indices sont biaisés par construction. Les entreprise retenues, quand elles ne sont pas directement des clients de FronTier Associates, sont de celles qui influencent les stratégies de nos clients, qui déterminent ou valident des tendances.

La signification de l'indice
A l'image d'autres indices boursiers comme le CAC 40, l'indice FTA 50 représente d'abord la progression de la capitalisation boursière d'ensemble d'un échantillon d'entreprises à partir d'une date fixe (décembre 1987 pour le CAC 40, septembre 2002 pour le FTA 50).

Cependant, le FTA 50 n'a pas une vocation conjoncturelle car, derrière l'indice de type boursier, l'intérêt de l'indice réside surtout dans sa mise en relation avec d'autres indicateurs qui mettent en évidence de la réalité économique du secteur. Le FTA 50 fournit une photographie instantanée des éléments structurels du secteur mondial des NTIC à un moment donné.

Les indicateurs glissants
La mise à jour semestrielle de l'indice nous permet de faire le parallèle entre l'évolution de la capitalisation et d'autres indicateurs économiques correspondant à une période glissante couvrant les quatre derniers trimestres disponibles pour chaque entreprise. Ainsi, le FTA 50 vient avec six autres indicateurs :
· l'évolution du chiffre d'affaires (CA glissant sur les douze derniers mois disponibles),
· l'évolution des effectifs,
· l'évolution du résultat net,
· l'évolution du rapport de la capitalisation boursière au chiffre d'affaires,
· l'évolution du rapport du chiffre d'affaires aux effectifs,
· l'évolution de la rentabilité (rapport du chiffre d'affaires sur le résultat net).

Les résultats détaillés sont disponibles dans un document téléchargeable au format pdf.

Constitution de l'échantillon
Nous avons constitué un échantillon de référence d'une cinquantaine d'entreprises qui nous paraissent représentatives du secteur. Plus précisément, il y a 56 entreprises dans cet échantillon : 8 constructeurs informatique, 6 constructeurs d'équipement de réseaux, 24 éditeurs de logiciels (dont 8 de moins de 150 millions de dollars de chiffre d'affaires), 12 SSII et 6 opérateurs téléphoniques.
Quand une entreprise disparaît de l'échantillon, notamment pour cause de rachat ou de fusion, elle est remplacée par une entreprise comparable. L'indice est alors retraité avec les données de la nouvelle entreprise afin de respecter sa continuité historique.

Remerciements
Cet exercice n'aurait pas été possible sans l'aimable assistance de deux personnes, Gerardo del Real qui, après son master à l'INT, a patiemment pris en charge toute la recherche et Huu Minh Mai, qui veille sur la méthodologie du CAC 40 chez Euronext, pour ses précieux conseils.


San Francisco
06/01/09
02:07:41